9-97

4, 5, 6,
Juillet
soleilnuagepluiesoleilnuage

Fréquentation

80 000 festivaliers

Vendredi 4 juillet
Up To You – Mad Pop X – Addict – Channel Zero – Biohazard – Mass Hysteria – Live – Radiohead – Spicy Box – Supergrass – Smashing Pumpkins – Chemical Brothers
Samedi 5 juillet
Slight Return – Oobik & the Pucks – Stereophonics – Melville – Baby Bird – No One Is Innocent – Number One Cup – Nada Surf – Marcel et son Orchestre – Boo Yaa Tribe – FFF – Neneh Cherry – Noir Désir – Maceo Parker
Dimanche 6 juillet
Attentat – H-Blockx – Sloy – Trust – Sinsemillia – Silverchair – Orchestre National de Barbès – Rollins Band – Paul Personne – Jon Spencer blues Explosion

Le chaud contre le froid

Un festival « open air », c’est fragile. A la merci d’un coup de vent comme celui subi au Malsaucy en 1990, ou de pluies diluviennes comme en 1996. Si les Eurockéens se comptent désormais par dizaines de milliers, Territoire de Musiques se doit de ne pas se laisser griser.

En cette année 1997, donc, une polémique médiatique naît du montant du cachet versé à Smashing Pumpkins. Est-il si exorbitant ? Et cela a-t-il vraiment de l’importance lorsque le public démontre par sa présence qu’il attend ce groupe, tel un ado sa princesse à la sortie du bahut…

Or, Smashing Pumpkins est à Belfort ! Une énorme machine du rock US. L’une des plus implacables de la décennie en cours. Le groupe joue dans la nuit, à contre-jour de lumières froides. Peu bavard, Billy Corgan ne laisse admirer que la nudité de son crâne mais hurle tel un damné. A ses côtés, d’Arcy ose quelques gestes provocateurs. Ont-ils seulement lâché un « thank you » ?

1997, c’est aussi le retour de Noir Désir, qui joue comme chez lui au Malsaucy. Lorsque la foule reprend d’une voix « Un Jour en France », on sait que la grand-messe est dite. Sept titres de ce concert mémorable sortiront en 2005 sur le DVD « Noir Désir en Images ». FFF aussi revient fouler la presqu’île et juge son concert tellement bon, qu’il en fera un album live entier, tout bonnement intitulé : « Vivants ».

Pour le décrassage de tympans, on a droit à un escadron métallique de premier ordre : Biohazard en tête. From France, Mass Hysteria dévoile déjà tout son potentiel et No One Is Innocent confirme. Mais le plus impressionnant n’est autre que le très musclé et tatoué Henri Rollins. Quel homme !
La vague pop n’est pas mal non plus. Tellement bon en 1995, Supergrass est de nouveau à Belfort, histoire de mettre le Chapiteau à genoux. Idem pour Silverchair mais eux ont droit à la Grande Scène pour montrer de quels riffs ils se chauffent.

Déjà d’autres nerveux mélodistes frappent à la porte comme Stereophonics ou les jeunots de Nada Surf dont le titre « Popular » est l’un des hymnes du moment.
Oui, oui, bien entendu. Mais le gros truc de 97, pour beaucoup, demeure la baffe infligée par Chemical Brothers. Leur « Dig Your Own Hole » signe l’avènement du techno-rock, encore balbutiant. Et puis, deux gringalets ont tout de même littéralement explosé sur les scènes eurockéennes de cette édition pourtant bien fraîche côté températures. Brian Molko, avec Placebo, le trio qui remet le glam-rock en ordre de bataille. Et Thom Yorke avec Radiohead dont l’album « OK Computer » est appelé à devenir le classique que l’on sait. Non seulement les Eurocks sont dans le coup. Elles ont même une longueur d’avance.

– Au fait, tu n’as pas vu Neil Young ?
– Non, il n’est pas venu…
– Tu plaisantes ?
– Il s’est coupé un doigt en se faisant un sandwich, à ce qu’on dit.
– Aïe…
– On a eu Simple Minds à la place.
– Ah ?
– Mouais. Neil Young, ben, on l’attend toujours à l’heure où j’te parle

Galerie 1997

97_placebo-min 97_radiohead-min 97_smashing-min 1997_henry_rollins 1997_simple_minds

La playlist de 1997