12-2000

7, 8, 9,
Juillet
soleilsoleilnuagepluie

Fréquentation

70 000 festivaliers

A perfect Circle – Alanis Morissette – Amon Tobin – Asian Dub Foundation – Cinematic Orchestra – Coldplay – The Cranberries – Day One – Dionysos – Eels – Emiliana Torrini – Femi Kuti – France Cartigny – Fu Manchu – Goah Sativa – Intik – Kid Koala – Laurent Garnier – Lenine – Luke Slater – M – Macy Gray – Massilia Sound System – Mister Gang – Moby – Mukta – Muse – Natty Jay – Nine Inch Nails – Oasis – Oomph – Rico – Les Rita Mitsouko – Rod Shotgun Blues – La Ruda Salska – Damien Saez – Skirt – Slayer – St Germain – Tao – Titan – Tryo – Uncommonmanfrommars – Venus – Wonderspleen

Le futur, c’est maintenant

Comment un petit bonhomme chauve, juste affublé d’un tee-shirt à l’effigie du festival où il est en train de se produire, peut-il gagner la partie face à 30.000 personnes ? Dans la nuit du Malsaucy, pourtant, Moby assure. Entouré de ses machines et d’un groupe redoutablement funky, le roi du sample porte à bout de bras un show sidérant. Comme une rencontre parfaite entre pop et electro, la jonction réussie entre deux mondes, deux époques.

Nous sommes en l’an 2000. Le fantasme futuriste d’il y a quelques décennies est devenu réalité. Il se matérialise sous nos yeux en prenant le physique de fort jolies chanteuses : Alanis Morissette ou Dolores O’Riordan des Cranberries au charme conventionnel du siècle passé. On peut leur préférer la douce islandaise Emilia Torrini qui sait mieux parfumer son art de touches technoïdales.
D’autres créateurs affirment leur souci de pousser le bouchon plus loin. Cinematic Orchestra par exemple, verse dans l’expérimental inclassable où jazz et techno s’accouplent sans vergogne. Le producteur british Luke Slater, contribue lui aussi à faire monter la pression electro. Et que dire du sieur Amon Tobin, DJ à la marque légendaire, qui foudroie le Chapiteau de mixes hypnotiques. Plus sage, Saint-Germain réinvente une certaine idée du swing au son de l’acid-jazz. Une subtilité qui contraste avec le style metal-indus façonné par les Allemands de OOMPH ! Très efficace.
Enfin, impossible de passer sous silence l’éminence grise de la french-touch électronique, Laurent Garnier, venu mettre le Malsaucy sous influence.

Par-dessus ces doués faiseurs de sons, on trouve l’animal Trent Reznor, inquiétant leader de Nine Inch Nail. Tel un ouragan prémonitoire, il est le maître incontesté de l’indus et le prouve avec fracas. Asian Dub Foundation passe également relever les compteurs et comme deux ans auparavant, la liesse est au rendez-vous. Au contraire d’Eurythmics qui fait faux bond.
Mais, en cette année double zéro, le passé proche peut se recomposer de belle manière. Flamboyants, Les Rita Mitsouko témoignent d’une frénétique résistance. Enveloppé de l’Union Jack, Liam Gallagher réaffirme la toute puissance d’Oasis au sommet de la brit-pop. Tout en assurant le service minimum sur la scène cathédrale. A l’inverse, Slayer, très attendu par son bataillon de fans, déploie une force de frappe hardcore simplement démentielle.

Les vraies révélations sont ailleurs. Fu-Manchu qui entérine l’émergence de la vague stoner. M, fils de Louis Chedid, brillant guitariste et savant compositeur qui redonne des couleurs à une certaine idée du rock à la française. Dionysos épate totalement la galerie. Dire qu’il y a peu, l’énergique Mathias et ses gens essuyaient les plâtres d’une scène nocturne sur le camping de Chaux… Coldplay, que presque personne ne remarque sur la petite scène, mais qui deviendra le monstre pop des années futures. Macy Gray, nouvelle diva soul qui rappelle que dans les « pots d’antan », la soupe est toujours meilleure. Ou encore Muse, jeune trio aux dents longues emmené par un Matthew Bellami à la coiffure peroxydée, et dont la ferveur pop-rock héroïque séduit instantanément la masse eurockéenne. Dans le match des anciens contre les modernes, c’est finalement l’éternel recommencement qui l’emporte…

Galerie 2000

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La playlist de 2000