28-2016

1, 2, 3 Juillet
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Vendredi 1er juillet
LES INSUS - THE LAST SHADOW PUPPETS - MR. OIZO - NATHANIEL RATELIFF & THE NIGHT SWEATS - BREAKBOT - TY SYGALL & THE MUGGERS - DARIUS - LE BALANI SHOW BIZNESS DE BAMAKO - MHD - VALD - CHOCOLAT - DESTRUCTION UNIT - PUMAROSA - BAGARRE
Samedi 2 juillet
DISCLOSURE - LOUISE ATTAQUE - BECK - FOALS - AIR - LOU DOILLON - MELLOW MOOD - SON LUX - VINCE STAPLES - ALLAH LAS - ELLE KING - BIBI BOURELLY - SECTION BOYZ - POKEY LAFARGE - THE INSPECTOR CLUZO - OTHERKIN - FORMATION - YAK - LAST TRAIN - DBFC - LES INROCKS DJ TEAM
Dimanche 3 juillet
ZZ TOP - TAME IMPALA - NEKFEU - M83 - THE KILLS - RATATAT - MAC DEMARCO - CARIBOU - ACTION BRONSON - SLEEP - ANDERSON .PAAK - COURTNEY BARNETT - KURT VILE & THE VIOLATORS - FRANK CARTER & THE RATTLESNAKES - BLOSSOMS - LAS AVES

©photos : J.Cardot - James Dean TM is a trademark of James Dean, Inc. www.jamesdean.com
©vidéo : What comes Around Goes around
©Texte : Thierry Boillot

Music And Peace For All

Back to the bayou

« Je pourrais rester ici toute la nuit… Vous êtes notre meilleur public ». Ainsi parle Beck sous le ciel de Belfort. Les temps sont durs, les Eurockéennes tombent à pic. La foule a besoin de sourire, de fête… Normal que le courant passe avec Beck, dandy blond tombé du ciel.

« Music and peace for all ! » Le slogan est clair. Les Eurocks vivent une 28e édition sous haute surveillance. Climat sécuritaire aux entrées (post Charlie et Bataclan). Ambiance joyeuse dans le cocon verdoyant du Malsaucy, avec cygnes sur les flots et le soleil chassant les nuages. La presqu’île se détache du monde extérieur pour trois jours et trois nuits. Seule entorse à la déconnection lorsque les Eurocks chantent la Marseillaise et se rassemblent devant les écrans pour saluer la victoire des Bleus contre l’Islande…

Oui mais, la musique dans tout ça ? C’est Bagarre d’entrée de jeu. Ouf, ce n’est qu’un divertissement electro-pop de jeunes Frenchies en survêt. Il n’y a pas si longtemps, ils dansaient dans le public. Tout comme Last Train qui expédie son rock avec fougue. Ils l’avouent humblement : ils en ont rêvé de passer les barrières, d’être sur scène et maintenant c’est fait. Ils jouent aux Eu-ro-cké-ennes ! Waow…

« Entreprise pourvoyeuse de grandes joies et de petits bonheurs : les Eurockéennes, établies au Malsaucy depuis 1989 » : la roue tourne, les générations passent et la ferveur s’intensifie. Le festival affiche complet et dans la cohue, se cachent forcément les futurs Last Train, les prochains Bagarre. Ou d’autres jeunes pousses surgies de nulle part.

C’est le cas de Yak, violemment tombé du lit sur les coups de 16h et sortant du garage aux commandes d’un tonitruant bolide psychédélique. Plus calmes, les hippies chics de Blossoms sont une belle trouvaille pop dont on devrait reparler dans le futur (« Ah bon ? Ils étaient aux Eurocks en 2016 ? »). Avec désinvolture Mac Demarco, branleur magnifique aux chansons tourbillonnantes, paie sa tournée à d’heureux élus dans son bistrot improvisé. Et dans l’atmosphère décalée d’un club jazz du siècle dernier, on est séduit par l’excellent Pokey Lafarge au sourire si doux…

D’un concert à l’autre, tout change. Rap+funk+rock incandescent déversé par Anderson.Paak, chanteur batteur d’une autre dimension. Country salace et débridée selon Elle King, dame canaille à en faire rougir Madonna. Grunge agricole sans sucre ajouté chez The Inspector Cluzo. Tapage nocturne signé Ty Segall.  Kurt Vile et son folk woodstockien. Les guitares abrasives de Mlle Courtney Barnett. Ou celles en constante mutation du duo Ratatat. Tout cela pour revenir au formidable rhythm’n’blues d’un Nathaniel Rateliff ravi de trouver aux Eurocks « une famille » qui chante comme un seul homme.

Et nos têtes d’affiche ? Elles tiennent leur rang sous toutes leurs formes. Elégance et brio à l’actif des Last Shadow Puppets drivés par Miles Kane et Alex Turner. Sauvagerie domestiquée par Alison Mosshart, l’animale frontwoman de The Kills. Flow brûlant allumé par Nekfeu. Set magnétique de Foals. Parenthèse cosmique ouverte par Tame Impala… Plage plus que planante pour célébrer les 20 ans de Air. Big show millimétré pour le tandem fraternel Disclosure qui squattait la Loggia il y a peu (« Ah bon ? Ils étaient aux Eurocks en 2013 ? »). Et retrouvailles émues avec Louise Attaque (toujours d’attaque). Les Insus reconnectant leur Téléphone avec une fraîcheur inespérée. Pour finir, les étangs prennent l’aspect de mythiques bayous au son du boogie intemporel de ZZ Top. Ah bon ? Ils étaient aux Eurocks en 1994 ? Et vous, vous faites quoi en 2017…

Galerie 2016

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